{Roman } L’Eté circulaire – Marion Brunet

images« Chez eux, se souvient Johanna, une main au cul c’était un truc sympa, une façon d’apprécier la chose, de dire « t’as de l’avenir » – à mi-chemin entre une caresse et une tape sur la croupe d’une jument. Les filles avaient des atouts, comme au tarot, et on aurait pu croire que si elle jouait les bonnes cartes au moment adéquat, il y avait moyen de gagner la partie. Mais aucune d’elle – ni Jo si sa sœur Céline – n’ont jamais gagné aucune partie. C’était mort au départ, atout ou appât, elles pouvaient s’asseoir sur l’idée même du jeu, vu qu’elles n’avaient pas écrit les règles. »

Céline a 16 ans, la beauté insolente, indécente, une réputation chevillée à son corps exposé, qui lui donne le sentiment – peut-être – d’exister. Une fille facile. Comme s’il était facile d’être une fille dans ce village du Sud. Entre un père – Manuel – qui ne se fait pas prier pour lever le coude, la main lourde et la colère rageuse ; et une mère – Séverine – qui attendait mieux de la vie que d’avoir deux filles avant ses 20 ans. Parce qu’il y a Jo aussi, la cadette, 15 ans. Jo, qui partira d’ici un jour, c’est certain. Jo, qui refuse la fatalité.

La fatalité, en tout cas, ça doit bien la faire marrer que Céline soit enceinte. Encore plus jeune que sa mère, quand elle l’a portée. Le père, lui, ça ne le fait pas marrer du tout, mais les taloches n’y changeront rien : Céline refuse de dire qui est le père de son enfant. Même à Jo. Et ça, Manuel, ça ça le bouffe, ça le dévore, ce futur branlant à des lieux de ce qu’il avait imaginé pour sa fille, sa grande. Sa petite. (suite…)

{Roman Jeunesse} L’Île aux mensonges – Frances Harding

ile_aux_mensonges« Faith avait comme une faim en elle, alors que les filles ne devaient pas avoir faim. Elles étaient censées grignoter avec modération lors des repas, et leur esprit aussi était censé se contenter d’un régime frugal. Quelques mornes leçons données par des institutrices fatiguées, quelques promenades ennuyeuses, des discussions d’écervelées. Mais pour Faith, cela ne suffisait pas. Le savoir – n’importe quel savoir – l’attirait irrésistiblement. Et elle trouvait un plaisir aussi délicieux qu’empoisonné à le dérober à l’insu de tous. »

1860. Sur le bateau qui l’éloigne avec sa famille des côtes anglaises, la jeune Faith Sunderly ne cesse de s’interroger… Pourquoi ce départ impromptu, cette urgence, vers l’île de Vane où son père, inébranlable pasteur et éminent naturaliste doit participer à des fouilles suite à la découverte d’une grotte ? Pourquoi n’est-il cette fois pas parti seul, comme il l’a fait si souvent, vers la Chine ou la Mongolie ? Pourquoi ce voyage, pourquoi… cette fuite ?

Parce qu’elle aime plus que tout comprendre, savoir, découvrir, et parce que son apparente naïveté et son indolence font d’elle une redoutable espionne que personne ne saurait soupçonner, Faith commence à saisir, bribe par bribe, la vérité… Une vérité qu’elle ne peut accepter. Son père, cet homme droit, austère, érudit, qu’elle ne peut s’empêcher de vénérer, aurait falsifié certaines de ses découvertes ? Impossible. Et pourtant… (suite…)

{Réflexion} Mémoire « La littérature de jeunesse comme vecteur de l’égalité fille-garçon à l’école primaire – Les réécritures de contes des éditions Talents Hauts »

En août 2015, m’est venue l’idée un peu folle de m’inscrire en Master à distance Littérature d’Enfance et de Jeunesse à l’Université d’Artois… Je ne m’épanouissais pas dans ma vie professionnelle, du moins pas autant que je l’aurais souhaité, je ne trouvais pas d’emploi en bibliothèque en dépit de la réussite au concours d’assistante de conservation, bref… j’avais besoin de quelque chose de nouveau, de stimulant, d’enrichissant, d’un défi et d’une réussite. Ah ! et puis ce qu’il faut savoir sur moi et mes idées un peu folles, c’est que généralement, je n’y réfléchis pas, je les suis 🙂 Un matin j’ai eu cette idée, l’après-midi, j’avais fait les démarches d’inscription… Allez hop !

Un jour, je vous raconterai peut-être l’épiphanie qui m’a amenée à décider d’apprendre le coréen… 🙂

Ont suivi deux années assez complexes, épuisantes – difficile d’assurer un emploi à temps plein, 3h de transport par jour & un Master à distance – mais également extrêmement riches, qui m’ont permis de me familiariser avec la littérature de jeunesse et de faire de fabuleuses découvertes – je pense notamment à Jean-Claude Mourlevat, mais aussi à… Hunger Games (oui oui !).

Un exercice bien particulier a rythmé ces deux années : la rédaction d’un mémoire de recherche. Pour découvrir les réflexions qui m’ont amenée à choisir mon sujet, je vous invite à visionner la vidéo ci-dessous, réalisée à la demande de ma directrice de recherche à destination des nouveaux étudiants du Master…

En quelques mots, j’ai travaillé sur la littérature de jeunesse comme vecteur de l’égalité fille-garçon autour d’un corpus de réécritures de contes au format album publiées aux éditions antisexistes Talents Hauts :

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Pour celles et ceux que le sujet intéresserait, vous pouvez consulter ou télécharger mon mémoire en cliquant ici.

Je suis très fière de ce travail qui m’a accompagnée deux ans durant – intellectuellement mais aussi physiquement (des albums partout, des livres, des notes que l’on emporte même en vacances…) – dans lequel je me suis énormément investie et pour lequel j’ai obtenu un joli 18 ! Au-delà de la note, le jeu intellectuel, la réflexion, la découverte en valaient clairement la chandelle… 🙂

Pour toute question sur mon travail ou sur ce Master, n’hésitez pas à me laisser un commentaire, je me ferai un plaisir d’échanger sur le sujet avec vous…

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{Roman} L’Hôtel – Yana Vagner

hotel« A quatre pattes, elle examine le semis de gouttes grignotant la neige entre ses paumes écartées. Dans les ténèbres, le sang parait noir. Ne te retourne pas, s’intime-t-elle. Lentement. Ne te relève pas. C’est encore trop tôt. Sa lèvre supérieure est engourdie, elle a dans la bouche un mélange à la fois brûlant et salé. Elle n’a pas mal, elle n’a pas peur, elle est simplement concentrée. Elle a besoin d’une pause pour reprendre ses esprits. Il n’y a rien d’irréparable dans le coup qui l’a jetée à terre ; ce n’est rien de plus que l’instant du choix. Une bifurcation. Ce qui va arriver ne se trouve écrit ou défini nulle part, le cours des évènements peut encore être infléchi. »

Dans le froid, dans l’obscurité d’une nuit enneigée, dans des montagnes loin de tout, une femme perd son dernier combat. Son nom ? Nous ne le connaissons pas, pas encore. Pas plus que le nom de celui ou celle qui la réduit à néant, lui perfore l’estomac avec un bâton de ski, là, devant cette bâtisse où ils sont réunis toutes les neuf. Vadim. Egor. Ivan. Lora. Sonia. Macha. Piotr. Lisa. Tania. Neuf Russes. Et Oscar, l’Européen, le maître de l’Hôtel.

C’est Ivan, qui leur a payé ce voyage, cette virée entre amis, loin de tout. Ivan le nouveau riche, qui distribue les billets pour se faire aimer, pour se faire pardonner, aussi, peut-être, de ne pas être à la hauteur de ses amis, de leur enfance bourgeoise. Ivan dont la femme-trophée, la trop jeune Lora, est loin de faire l’unanimité auprès de ces quarantenaires gâtés. Lora dont le corps gracile, enfantin, attire inéluctablement Vadim, le réalisateur imbibé de vodka, parti trop loin dans l’alcool pour en revenir. Lora qui méprise Egor, et tombe sous le charme de son épouse, la rousse Lisa, de sa chaleur maternelle, de sa capacité à donner corps et vie à un espace hostile. Piotr et Tania, qui s’aiment encore ou peut-être pas. Sonia, l’actrice incandescente, manipulatrice, comme une ogresse jamais rassasiée. Et Tania la solitaire, sans mari, sans enfant. Tania à qui la vie a joué des tours et donné des coups. (suite…)

{Roman} Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l’amour – S.G. Browne

commentjai« Pendant les deux mois qui ont suivi l’accident, je ne pouvais m’empêcher de penser à Rachel – le parfum de ses cheveux, le goût de ses lèvres, la chaleur de son corps endormi à mon côté le soir. Je me vautrais dans la douleur, dévoré par l’angoisse et l’auto-apitoiement. Il a fallu aussi que je m’accommode de l’odeur de mon cuir chevelu en pleine décomposition, de l’arrière goût de formol incrusté dans ma gorge, et de mon corps froid et pourrissant. Tout ça me donnait envie de prendre une douche à l’essence et de craquer une allumette.

Si vous ne vous êtes jamais réveillé après un accident de voiture pour découvrir que votre femme est morte et que vous êtes un cadavre animé en putréfaction, alors vous ne pouvez pas comprendre. »

Andy est un zombie. Il a eu un accident de voiture avec son épouse, ils sont mort tous les deux, laissant une petite orpheline, Annie, et puis un jour, Andy n’était plus mort. Et ce n’est pas simple d’être un zombie. Déjà, on se réveille dans le même état que celui dans lequel on est mort, voire dans un état pire encore pour peu qu’on n’ait pas été embaumé avant de ressusciter… Alors ce n’est pas beau à voir, c’est sûr. Y’a des chairs pendantes, des trous dans le crâne, des membres qui se font la malle, des sutures autour du cou… Difficile de passer inaperçu dans ses conditions.

Si les zombies sont plus ou moins tolérés dans la société, les règles sont néanmoins très strictes : déjà, le zombie doit être « adopté » par ses parents. Sans ça, zou ! à la SPA. Pareil si le zombie se promène dans des endroits publics en plein jour, ou ne respecte pas l’une des règles qui lui sont imposées. Oui, la SPA accueille toujours les chiens et les chats errants, mais aussi les zombies dont on ne sait que faire. Enfin, ça, c’est la première étape. Si personne ne vient le chercher, ils finissent dans un zoo pour zombies, une émission de télé-réalité ou cobayes pour futurs chirurgiens plastiques… (suite…)

{Roman Jeunesse} J’ai avalé un arc-en-ciel – Erwan Ji

arc_en_ciel« Si vous lisez ces lignes, vous êtes tombé sur mon blog.
C’est un drôle de mot, blog.
Si mon grand-père s’était demandé ce que ça veut dire, il se serait mouillé le doigt et aurait tourné les pages de son épais dictionnaire. Moi, j’ai tapé le mot sur Google. C’est ça, le progrès. On n’a plus besoin de se mouiller le doigt. […]
Je m’appelle Capucine, mais on m’appelle Puce. C’est parce que Capucine, c’est le nom d’une plante herbacée, et moi je ne suis pas une plante herbacée.»

Comment parler de ce roman ?
C’est la question que je me pose depuis un moment devant mon ordinateur, tapant, effaçant, tapant à nouveau, effaçant encore. Voilà quelques semaines que je l’ai fini, et il a laissé une trace en moi. Alors pourquoi est-ce si compliqué d’écrire une chronique sur un roman en apparence si simple ?

Peut-être vais-je commencer par vous expliquer pourquoi j’ai choisi de le lire. Déjà, parce que la grande amoureuse des arcs-en-ciel que je suis n’a pas résisté longtemps à l’extraordinaire couverture de ce roman… 🙂 Et puis, aussi, parce qu’il y avait dans ce titre et cette quatrième de couverture juste assez d’ambigüité pour que l’on pense savoir de quoi il allait retourner, mais en même temps…

Alors je me suis lancée et j’ai accompagné Puce, adorable, vive, dégourdie – et n’ayant définitivement rien d’une plante herbacée – dans ses rituels. Ceux de la vie – l’amour et ses chagrins, ses bouleversements, ses choix… – et ceux de son lycée privé du Delaware, qui peuvent sembler si surprenants aux jeunes Français que nous sommes, ou avons été, mais en même temps si drôles, si… exaltants, d’une certaine manière. Comme cette journée où les élèves ont le droit de ne pas porter leur uniforme, à condition de venir vêtu.e d’un pull de Noël le plus hideux possible. Ou cette chasse à l’homme géante (au pistolet à eau !), organisée en fin d’année pour les senior. (suite…)

{Roman Jeunesse} Tant que nous sommes vivants – Anne-Laure Bondoux

tantquenoussommes« Quand ils furent face à face, le vacarme sembla s’atténuer, comme si la neige avait soudain recouvert les fours, les ponts roulants, les poches à coulées, les extrudeuses. Plus personne ne poinçonnait, plus personne n’ajustait ni ne soudait ; nous avions du coton dans les oreilles.
Sous nos yeux, leurs mains se frôlèrent.
Un sourire d’enfant illumina le visage de Hama, et un frisson secoua la grande carcasse de Bo. Nous aurions juré assister à des retrouvailles.
Cela ne dura qu’un instant, quelques secondes fragiles, gracieuses, volées à l’entêtante nécessité de l’Usine. Mais cela suffit à nous rappeler une chose essentielle : le feu qui brûlait dans le ventre de nos fourneaux brûlait encore dans nos veines. »

Bo et Hama s’aiment. Mais pour le forgeron venu du Nord et la fille de la communauté, dans cette ville devenue misérable, où les usines ont fermé les unes après les autres, où chacun s’est petit à petit éloigné de son voisin, ce qui aurait dû être une bénédiction est devenu une provocation. Mais ils s’en moquent bien, Bo et Hama. Ils s’aiment.

Leurs regards se sont croisés un jour, elle quittait l’usine, lui prenait son tour et… le reste n’a pas d’importance. Le dimanche, quand ils ont enfin un peu de temps à eux, ils dansent, s’amusent, se glissent sous les draps, profitent de ces quelques heures de répit que l’usine ne broie pas. Chaque jour, ils participent à la construction d’armes de guerre. Quelle guerre ? Ils ne le savent pas. Mais ils s’en moquent bien, Bo et Hama. Ils s’aiment. (suite…)

{Feel Good} I’m a Happy Librarian – Ou pourquoi il faut toujours croire en soi et en ses rêves ☆

Aujourd’hui, après quelques mois d’absence, c’est un *happy* billet que j’ai envie de partager avec vous… Une histoire de passion, de combat mené pour avoir la chance – enfin – de trouver ma place professionnellement.

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Il m’aura fallu huit ans. Huit longues années depuis la fin de mes études, un Master en Ingénierie de Projets Culturels, et l’envie de travailler autour du livre. Une opportunité saisie, quand rien d’autre ne venait, quand je ne savais plus vers où me tourner, quand rester à la maison finissait par me rendre folle. Un poste administratif dans le domaine de l’Education. Un chemin de traverse. Et je l’ai aimé ce poste, j’en ai – sans doute – été la première étonnée. Je l’ai aimé parce que j’avais autour de moi une équipe d’adorables zozos, parce que m’on faisait confiance,parce qu’on y avait une vraie ambition, une envie de faire une différence, de changer le monde, avec toute la naïveté un peu folle que cela implique. Je l’ai aimé, et je crois que j’y aussi appris que j’avais le droit d’être moi-même, d’une certaine manière. Mais je ne m’y suis jamais épanouie, je n’ai jamais pu m’y déployer. (suite…)

{Roman Jeunesse} Terrienne – Jean-Claude Mourlevat

terrienne« Et surtout, écoutez bien ceci : respirez, puisque vous ne pouvez pas faire autrement, mais ne le montrez pas ! Inspirez par le nez. Gardez la bouche fermée. Portez des vêtements amples qui cacheront le mouvement de votre poitrine quand vos poumons se gonflent. N’éternuez pas. Ne vous mouchez pas. Ne toussez pas. Ne riez pas. Ne vous essoufflez jamais. Ne courez pas. Evitez de vous approcher des gens. De là où je suis, je sens que vous respirez et je me trouve à plus d’un mètre de vous.
J’en suis restée éberluée.
– Mais… mais, vous respirez bien, vous ?
– Non, je ne respire pas. Personne ici. »

Sur la route départementale 8 entre Saint-Etienne et Montbrison, Etienne Virgil – écrivain en manque d’inspiration – croise le chemin d’Anne Collodi. Parce qu’elle lui fait penser à sa petite-fille Loïse, et qu’il préfère la savoir avec lui qu’à la merci du monde, Etienne la prend en stop et la conduit jusqu’à un étrange lieu-dit : Campagne.

Tout est étrange, à vrai dire, concernant Anne : sa façon de s’exprimer, sans fard, de sauter du coq à l’âne, et puis cette histoire avec sa sœur – Gabrielle – qui a disparu, « comme si elle était tombée dans un trou ».

Gabrielle a rencontré Jens, et vite – trop vite, et en dépit des craintes d’Anne – l’a épousé. Puis elle a disparu. Juste comme ça.

Bien sûr, chez les Collodi, le téléphone est devenu instrument de torture, à chaque sonnerie : et si c’était Gabrielle ? et s’il était arrivé malheur à Gabrielle ?… Pourtant, ce n’est pas par le téléphone que les deux sœurs pourront échanger les quelques mots qui changeront leur vie à jamais, et qui conduiront Anne à Campagne, dans l’espoir fou de délivrer Gabrielle…

Car Jens n’était pas un Terrien, mais un homme de là-bas, ce terrifiant monde parallèle ultra-aseptisé où l’on ne rit pas, où l’on se joue pas, où l’on ne crie pas, où l’on ne s’aime pas. Où l’on ne vit pas, au final. Et où l’on meurt – littéralement – d’ennui. Alors imaginez, l’exotisme d’une Terrienne, pour les influents de ce monde… Imaginez aussi le danger que l’on court quand on ne vient pas d’ici, et que l’on se fait prendre. (suite…)

{Roman Jeunesse} Six of Crows – Leigh Bardugo

six-of-crows« Kaz ne pouvait distinguer les traits d’Inej dans le noir, mais il sentait son regard désapprobateur.
– La cupidité est ton seul dieu.
Il se retint de rire.
– Non, Inej. La cupidité courbe l’échine devant moi. C’est mon serviteur et mon levier.
– Alors quel dieu sers-tu ?
– Celui qui me rendra riche.
– Ce n’est pas ce que font les dieux.
– Je m’en contrefiche. »

Dans le Barrel ne règne qu’une seule loi : celle du plus fort. Ou du plus malin.
Et dans ce quartier de Ketterdam, sinistre, violent, pourri jusque dans ses moindres recoins, le plus malin, c’est Kaz Brekker, alias « Dirtyhands » – « les mains sales ». Inutile d’épiloguer, son nom le précède.

De la mort de son frère, victime d’un chef de gang qui a laissé les deux jeunes garçons sans le sou, Kaz a gardé un brûlant désir de vengeance, et l’incapacité non pas tant d’aimer que de s’ouvrir, de faire confiance, de laisser un autre être humain le toucher, moralement, physiquement. Froid, génial et arrogant, appuyé sur sa canne comme si elle était un prolongement de lui-même, Kaz Brekker a toujours un coup d’avance.

Alors quand une drogue dévastatrice – le jurda parem – se répand dans le Barrel, donnant aux Grishas – êtres dotés de pouvoirs magiques – une puissance terrifiante, capable de détruire toute forme de civilisation, c’est à Kaz que fait appel le riche mercurien Van Eck. Sa mission ? Libérer le savant à l’origine de cette drogue, prisonnier aux mains des Fjerdans. Son problème ? Il est enfermé dans une forteresse réputée imprenable. A la clé ? Une fortune. 30 millions de kruge. (suite…)