{Roman Jeunesse} Tant que nous sommes vivants – Anne-Laure Bondoux

tantquenoussommes« Quand ils furent face à face, le vacarme sembla s’atténuer, comme si la neige avait soudain recouvert les fours, les ponts roulants, les poches à coulées, les extrudeuses. Plus personne ne poinçonnait, plus personne n’ajustait ni ne soudait ; nous avions du coton dans les oreilles.
Sous nos yeux, leurs mains se frôlèrent.
Un sourire d’enfant illumina le visage de Hama, et un frisson secoua la grande carcasse de Bo. Nous aurions juré assister à des retrouvailles.
Cela ne dura qu’un instant, quelques secondes fragiles, gracieuses, volées à l’entêtante nécessité de l’Usine. Mais cela suffit à nous rappeler une chose essentielle : le feu qui brûlait dans le ventre de nos fourneaux brûlait encore dans nos veines. »

Bo et Hama s’aiment. Mais pour le forgeron venu du Nord et la fille de la communauté, dans cette ville devenue misérable, où les usines ont fermé les unes après les autres, où chacun s’est petit à petit éloigné de son voisin, ce qui aurait dû être une bénédiction est devenu une provocation. Mais ils s’en moquent bien, Bo et Hama. Ils s’aiment.

Leurs regards se sont croisés un jour, elle quittait l’usine, lui prenait son tour et… le reste n’a pas d’importance. Le dimanche, quand ils ont enfin un peu de temps à eux, ils dansent, s’amusent, se glissent sous les draps, profitent de ces quelques heures de répit que l’usine ne broie pas. Chaque jour, ils participent à la construction d’armes de guerre. Quelle guerre ? Ils ne le savent pas. Mais ils s’en moquent bien, Bo et Hama. Ils s’aiment. (suite…)

{Recette Vegan} Comme un Ker-y-pom… ♥

Moi, quand je vais à Saint-Malo, je joue avec les vagues parce que j’ai 9 ans ¾ dans ma tête (et – en vrai – je fais ça sur toutes les plages…). Moi, quand je vais à Saint-Malo, je vais toujours à Intra Muros, et je marche le long de la plage, et je respire l’odeur de la mer, et j’observe les goélands. Moi, quand je vais à Saint-Malo, que j’ai le temps de flâner, de m’asseoir en terrasse sous le soleil d’été, ou bien au chaud quand le vent glacé me brûle les joues, je vais au salon de thé Bergamote, juste à côté de la cathédrale. Parce que j’aime fort leur thé Russian Star, et que même si j’en ai ramené chez moi, en boire là-bas, ce n’est pas pareil…

Moi, quand je vais à St Malo, j’achète des Niniches à mon amoureux, parce que ça lui rappelle son enfance. Et quand j’ai envie de le faire râler pour rigoler, j’appelle ça des « Nunuches ». Moi, quand je vais à Saint-Malo, j’essaie toujours d’aller goûter aux glaces de chez Sanchez, parce qu’il parait que c’est le meilleur glacier de la ville. Mais le destin est toujours contre moi… Mais surtout, moi, quand je vais à Saint-Malo, je ne repars jamais sans avoir mangé un Ker-y-pom aux pépites de chocolat, toutes chaudes et fondantes. Je m’en mets partout, sur la bouche, le nez, les joues, et c’est presque encore plus rigolo comme ça…

Le Ker-y-pom, c’est un sablé, sur lequel est posé une demi-pomme coupée en fines lamelles, recouverte d’une pâte sablée, avec – éventuellement – des pépites de chocolat dessus. Et c’est trop bon. Alors j’ai eu envie d’en faire chez moi. Mais sans beurre. Oui, même toi, Breton, tu vas t’en remettre, je te promets. Sans beurre. C’est comme ça. Mais avec de l’huile de coco. Et c’est trop bon aussi. Sauf que y’a pas les goélands, pas la mer, pas la plage et pas les cheveux dans le vent… Mais c’est pas grave. Parce que Saint-Malo, j’y retourne bientôt. Et puis en attendant, y’a dans mon four des Ker-y-pom. Ou presque.

ker2 (suite…)

{Feel Good} I’m a Happy Librarian – Ou pourquoi il faut toujours croire en soi et en ses rêves ☆

Aujourd’hui, après quelques mois d’absence, c’est un *happy* billet que j’ai envie de partager avec vous… Une histoire de passion, de combat mené pour avoir la chance – enfin – de trouver ma place professionnellement.

happy_joie_mot

Il m’aura fallu huit ans. Huit longues années depuis la fin de mes études, un Master en Ingénierie de Projets Culturels, et l’envie de travailler autour du livre. Une opportunité saisie, quand rien d’autre ne venait, quand je ne savais plus vers où me tourner, quand rester à la maison finissait par me rendre folle. Un poste administratif dans le domaine de l’Education. Un chemin de traverse. Et je l’ai aimé ce poste, j’en ai – sans doute – été la première étonnée. Je l’ai aimé parce que j’avais autour de moi une équipe d’adorables zozos, parce que m’on faisait confiance,parce qu’on y avait une vraie ambition, une envie de faire une différence, de changer le monde, avec toute la naïveté un peu folle que cela implique. Je l’ai aimé, et je crois que j’y aussi appris que j’avais le droit d’être moi-même, d’une certaine manière. Mais je ne m’y suis jamais épanouie, je n’ai jamais pu m’y déployer. (suite…)

{Recette Vegan} Cupcakes à la pizza ☆

cuisine_devore« Cuisine et dévore » de Natalie Slater, aux Editions L’âge d’Homme, est l’un des premiers livres de cuisine vegan que j’ai acheté. Ce qui m’a plu, d’abord, c’est son titre et sa couverture, ce joyeux mélange rock-pop-kawaii, et son auteure, avec son faux-air d’Arielle Dombasle version grunge. Natalie Slater ne fait pas dans les détails, elle est plutôt du genre à faire du Cupcakes façon Nachos, des sandwichs grillés « Mac’n’Cheez » ou de la Pizza au Hachis Parmentier. Du genre ultra-gourmand qui cale même les plus affamés !

Toutefois, même si j’adore feuilleter ce livre et que je le possède depuis un bon moment, je n’avais encore jamais testé aucune de ses recettes… Pourquoi ? Parce que la grande majorité est à base de margarine, un produit que je n’utilise jamais, ce qui m’a un peu « bloquée ». Mais maintenant que je me suis davantage familiarisée avec la cuisine vegan, je me sens plus à l’aise avec ce livre et les muffins & autres cupcakes de Natalie m’accompagnent désormais dans ma lunch box le midi… Avec un bol de bonne soupe de légumes maison, c’est parfait !

J’ai eu un véritable coup de cœur pour la recette que je vous présente aujourd’hui ! Déjà – je ne sais pas vous mais… – moi, « cupcake » & pizza dans la même phrase, ça me donne de sacrées envies gourmandes ! Et ces cupcakes ultra-moelleux et très parfumés diffusent en plus une délicieuse odeur à la cuisson… Je ne vous en dis pas plus : il faut les essayer pour le croire !

cupcake_pizza2 (suite…)

{Recette Vegan} Cookies au matcha & cœur fondant au chocolat noir

Je souffre d’une addiction aux cookies… C’est comme ça. J’avoue, je n’ai jamais tenté de la soigner, sinon en essayant tout un tas de recettes différentes 🙂 Comme beaucoup, j’ai ma recette coup de cœur, celle que je fais quand je veux être sûre de réussir mes cookies, quand j’ai besoin d’un goûter réconfortant ou quand je veux les partager avec ceux qui m’entourent. Elle est riche en chocolat noir, bourrée de cannelle et je l’adore !

Et puis, parfois, j’ai envie de tester de nouvelles idées… Selon mon humeur, j’y ajoute du beurre de cacahuète, de l’huile de coco, des cranberries, du thé matcha… mais toujours, toujours du chocolat. Alors quand j’ai découvert cette jolie recette sur Dawanda, je suis tombée sous le charme ! Mais… j’y ai ajouté ma petite touche personnelle 🙂

Je ne vais pas vous mentir… « C’est bon… mais c’est bourratif », aurait dit ma grand-mère. Et elle aurait eu raison ! Il ne s’agit pas ici d’une recette légère et moelleuse, mais de bons gros cookies qui calent bien… C’est le chouchou de mon goûter du matin ! J’en prépare le dimanche et je les conserve dans une boite en fer pour la semaine. La recette est ultra-simple, prête en 30 minutes, cuisson incluse, et elle me permet d’utiliser mes jolies cuillers mesure cuivrées trouvées chez Maisons du Monde ! Parfaite, quoi 🙂

cookies_matcha2 (suite…)

{Roman Jeunesse} Terrienne – Jean-Claude Mourlevat

terrienne« Et surtout, écoutez bien ceci : respirez, puisque vous ne pouvez pas faire autrement, mais ne le montrez pas ! Inspirez par le nez. Gardez la bouche fermée. Portez des vêtements amples qui cacheront le mouvement de votre poitrine quand vos poumons se gonflent. N’éternuez pas. Ne vous mouchez pas. Ne toussez pas. Ne riez pas. Ne vous essoufflez jamais. Ne courez pas. Evitez de vous approcher des gens. De là où je suis, je sens que vous respirez et je me trouve à plus d’un mètre de vous.
J’en suis restée éberluée.
– Mais… mais, vous respirez bien, vous ?
– Non, je ne respire pas. Personne ici. »

Sur la route départementale 8 entre Saint-Etienne et Montbrison, Etienne Virgil – écrivain en manque d’inspiration – croise le chemin d’Anne Collodi. Parce qu’elle lui fait penser à sa petite-fille Loïse, et qu’il préfère la savoir avec lui qu’à la merci du monde, Etienne la prend en stop et la conduit jusqu’à un étrange lieu-dit : Campagne.

Tout est étrange, à vrai dire, concernant Anne : sa façon de s’exprimer, sans fard, de sauter du coq à l’âne, et puis cette histoire avec sa sœur – Gabrielle – qui a disparu, « comme si elle était tombée dans un trou ».

Gabrielle a rencontré Jens, et vite – trop vite, et en dépit des craintes d’Anne – l’a épousé. Puis elle a disparu. Juste comme ça.

Bien sûr, chez les Collodi, le téléphone est devenu instrument de torture, à chaque sonnerie : et si c’était Gabrielle ? et s’il était arrivé malheur à Gabrielle ?… Pourtant, ce n’est pas par le téléphone que les deux sœurs pourront échanger les quelques mots qui changeront leur vie à jamais, et qui conduiront Anne à Campagne, dans l’espoir fou de délivrer Gabrielle…

Car Jens n’était pas un Terrien, mais un homme de là-bas, ce terrifiant monde parallèle ultra-aseptisé où l’on ne rit pas, où l’on se joue pas, où l’on ne crie pas, où l’on ne s’aime pas. Où l’on ne vit pas, au final. Et où l’on meurt – littéralement – d’ennui. Alors imaginez, l’exotisme d’une Terrienne, pour les influents de ce monde… Imaginez aussi le danger que l’on court quand on ne vient pas d’ici, et que l’on se fait prendre. (suite…)

{Expérience} Et si on faisait germer nos graines ?

L’autre jour, à l’occasion de mon article sur le porridge sans cuisson aux flocons d’avoine, je vous ai parlé de Natura Sense, site d’équipement spécialiste dans l’information et l’équipement de cuisine pour le bien-être et la santé, où vous pouvez trouver notamment extracteurs de jus, blenders, déshydrateurs et germoirs. Pour faire ses propres graines germées, donc, vous l’avez compris ! 🙂

Cet été, Natura Sense m’a proposé de découvrir leurs produits et – curieuse que je suis – je leur ai expliqué mon intérêt pour la germination des graines. En effet, il m’arrive d’acheter de temps en temps des graines germées au magasin bio, mais le coût assez élevé m’en dissuade souvent… Alors l’idée de les faire moi-même me semblait à la fois plus économique, et plus sympa (style petite savante folle dans sa cuisine !). Ils m’ont donc gentiment envoyé le germoir en verre, au format « bocal », de la marque Germ’line. On peut considérer ça comme un « germoir pour débutant » et c’est tout à fait ce qu’il me fallait ! C’est aussi le germoir idéal pour ceux qui n’ont pas trop de place dans leur cuisine.

graines1 (suite…)

{Roman Jeunesse} Six of Crows – Leigh Bardugo

six-of-crows« Kaz ne pouvait distinguer les traits d’Inej dans le noir, mais il sentait son regard désapprobateur.
– La cupidité est ton seul dieu.
Il se retint de rire.
– Non, Inej. La cupidité courbe l’échine devant moi. C’est mon serviteur et mon levier.
– Alors quel dieu sers-tu ?
– Celui qui me rendra riche.
– Ce n’est pas ce que font les dieux.
– Je m’en contrefiche. »

Dans le Barrel ne règne qu’une seule loi : celle du plus fort. Ou du plus malin.
Et dans ce quartier de Ketterdam, sinistre, violent, pourri jusque dans ses moindres recoins, le plus malin, c’est Kaz Brekker, alias « Dirtyhands » – « les mains sales ». Inutile d’épiloguer, son nom le précède.

De la mort de son frère, victime d’un chef de gang qui a laissé les deux jeunes garçons sans le sou, Kaz a gardé un brûlant désir de vengeance, et l’incapacité non pas tant d’aimer que de s’ouvrir, de faire confiance, de laisser un autre être humain le toucher, moralement, physiquement. Froid, génial et arrogant, appuyé sur sa canne comme si elle était un prolongement de lui-même, Kaz Brekker a toujours un coup d’avance.

Alors quand une drogue dévastatrice – le jurda parem – se répand dans le Barrel, donnant aux Grishas – êtres dotés de pouvoirs magiques – une puissance terrifiante, capable de détruire toute forme de civilisation, c’est à Kaz que fait appel le riche mercurien Van Eck. Sa mission ? Libérer le savant à l’origine de cette drogue, prisonnier aux mains des Fjerdans. Son problème ? Il est enfermé dans une forteresse réputée imprenable. A la clé ? Une fortune. 30 millions de kruge. (suite…)

{Recette Vegan} Porridge fruité sans cuisson aux flocons d’avoine

Dans le cadre d’un partenariat avec Natura Sense, j’ai eu le plaisir de recevoir le livre de Clea « P’tit déj’ Santé ». De façon générale, j’aime beaucoup ses livres thématiques aux éditions La Plage, ils sont généralement plein de bonnes idées (et de jolies photos !), et je n’ai encore une fois pas été déçue 🙂

Le livre se décompose en trois parties : « bols en solo », « on the go » et « brunchs à partager ». Pour tous les goûts (salé comme sucré), tous les appétits, et tous les temps à y consacrer. Parce que je ne sais pas vous, mais moi – en semaine – si je prends toujours le temps de petit-déjeuner, il faut quand même que ça aille vite parce que me lever… ben c’est dur ! Du coup, j’ai pour l’instant jeté  mon dévolu sur les bols en solo et notamment le porridge aux flocons d’avoine qui a l’immense avantage de se préparer la veille en 3 minutes chrono. Le matin même, on y ajoute par exemple des fruits en morceaux – frais ou secs, des purées d’oléagineux, du chocolat… tout ce qu’on veut !

Enfin, je vous dis « porridge », mais pas vraiment en fait, puisqu’on ne fait rien chauffer, mais en préparant votre bol la veille, les flocons vont absorber le yaourt et vous aurez une consistance très crémeuse et réconfortante ! Cela fait plusieurs matins que je teste différentes versions et je vais partager avec vous une de mes préférées. Mais – encore une fois – libre à vous de modifier cette base selon vos goûts et vos envies ! 🙂 Pour avoir testé le très à la mode porridge de graines de chia, avec différents laits végétaux, ma préférence va clairement à celui à base de flocons d’avoine !

Pour un prochain week-end, je garde en tête d’autres idées moins « top chrono », telles que les briochettes ou pommes ou les scones à l’américaine ! Mioum 🙂

porridge (suite…)

{Roman Jeunesse} Plus de morts que de vivants – Guillaume Guéraud

plusdemorts« Depuis longtemps dépassés par les évènements, sans plus aucune prise sur le réel, ni sur le présent, encore moins sur ce qui allait pouvoir se passer, uniquement projetés en avant par des réflexes hérités de temps ancestraux dont ils ignoraient tout, un instinct naturel de survie face à la peur peut-être, la peur à laquelle ils croyaient s’être habitués mais qui était soudain montée d’un cran pour leur rappeler qu’elle les dominait, la peur semblait leur brûler les pieds, les poussant à accélérer pour échapper encore une fois au pire, même si toutes leurs certitudes s’écroulaient, même si tous les voyants clignotaient au rouge, même si l’idée de leur propre mort leur apparaissait de plus en plus évidente. »

Marseille. Collège Rosa Parks. Vendredi 17 février. Une matinée glaciale.

Dans la cour, il y a Matt, Nino, Julie, Fab et Cess. Pas Charlotte, restée malade à la maison, au désespoir de Matt qui n’aime rien tant que l’embrasser. Nino fait l’idiot, comme d’habitude. Peut-être parce qu’il n’a d’yeux que pour Cess, sans trop savoir comment lui dire…

Il y a la jeune Lila, qui ne s’est pas encore vraiment faite au collège, à ses grandes gueules et leurs insanités. Il y a Zak.

Et puis il y a Corentin, dont le nez commence à saigner. Et Yasmine qui – sans s’en rendre compte – vient de perdre une mèche de sa magnifique chevelure. Des prémices de l’insoupçonnable.

Slimane est en retard, comme d’habitude. Quand il daigne venir. Mais aujourd’hui, il a cours d’anglais, avec Miss Heatherbarrow. Elle a beau être enceinte jusqu’aux yeux, Slimane est sous son charme, indubitablement, absolument.

Ce soir, ce sera les vacances.
Ce soir…

Puis le nez de Corentin commence à déverser des flots de sang, et Yasmine devient folle d’avoir vu ses cheveux tomber, tous. Et le visage de Kevin se fend en deux, et le ventre de la grosse Anouk… Ce n’est que le début. Le début de quoi ? Personne ne le sait. Arrivent les secours. Les pompiers. Une aide psychologique, quand les premiers morts touchent le sol.

Puis l’horreur.
L’horreur absolue.
Et la quarantaine. Le plan Orsec.
Les portes du collège resteront fermées.
Et les corps tombent… (suite…)